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 Sujet du message : Traduction du journal chimeri
Message Publié : 03 Sep 2016, 13:08 
Ponihn
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Traduction du journal de Savyn Lereth, érudit Chimer de l'Ère Première

retrouvé dans les ruines de la cité dwemeri sous le manoir Venim des Éboulis

Traduction du chimeris au dunmeris par Llevndryn Sershilavu de la Maison Arador Dayn



Savyn Lereth a écrit :
13 Mi-l’An 667
Nous sommes arrivés en fin de journée dans la cité dwemeri, moi-même ainsi que Radraloth Oanil qui sera mon collègue dans cette entreprise d’expertise des installations et diverses machineries que nos hôtes jugeront utile de nous présenter. Nous nous retrouvons à porter le costume de spécialistes dans l’art des énergies autant que celui de porte-paroles velothii, puisqu’un bonne partie de notre présence ici se justifie par des raisons diplomatiques. Cette tâche ne devrait pas nous encombrer plus que de mesure, puisqu’elle se résume en une consigne simple : partager nos savoirs arcaniques avec nos contacts Dwemer autant qu’ils le demandent, sans dépasser le cadre strict du fonctionnement de leur artisanat.

Nous voilà donc être installés dans un appartement souterrain plus confortable qu’on eût pu le penser, dans lequel un repas nous est servi sans que l’on ne soit invités à le partager avec quiconque. L’hospitalité est ici plutôt sobre, ce qui nous convient bien après un voyage épuisant.

14 Mi-l’An 667
Nous avons été invités à une visite des lieux. L’endroit semble immense. Bien sûr, les Dwemer vivent ici toute l’année, mais la discrète entrée du complexe ne nous avait pas préparés à un tel dédale de couloirs qui s’enfoncent dans la roche à ne plus en finir. J’imagine que nous ne sommes simplement pas habitués à voir de si grands espaces sous la surface des terres cendreuses.

Notre guide et deux autres Dwemer qui nous accompagnait se sont montrés assez peu bavard et se contentait d’évoquer les faits et les informations dont nous avions besoin sans plus en dire. Nous n’avons pas commencé le travail d’expertise à proprement parler. Ils semblent vouloir nous jauger avant de nous présenter le détail de leur ingénierie et de ce qu’ils appellent l’« architecture tonale ».

Une fois de plus nous avons mangés seuls. Radraloth Oanil est un Chimer d’agréable compagnie. Nous avons longuement discuté politique et je me plais à constater qu’il a un regard particulièrement aiguisé sur les relations entre notre peuple et celui des profondeurs. Son goût pour le bon vin ne gâche rien et c’est avec amusement que nous avons constaté que nos bagages contenaient tous deux quelques bouteilles du pays.

15 Mi-l’An 667
Nous avons pu nous mettre timidement au travail sur quelques premières pièces apportées par les artisans avec lesquels nous serons en relation, le tout sous la surveillance des mêmes Dwemer qui nous ont accueillis et fait visiter la veille. Il s’agissait selon toute vraisemblance d’un test, au vu de la simplicité des tâches.

18 Mi-l’An 667
Nous voilà enfin sérieusement au travail. Après trois jours de la même mascarade sur des exercices d’étudiants, nous avons enfin vu de vraies pièces arriver. Et quelles merveilles ! La complexité de leurs automates est tout bonnement stupéfiante. Ils utilisent les énergies arcaniques d’une manière dont aucun de nous deux avait été témoin. Plutôt que de se servir directement des forces dégagées par l’énergie arcanique, ils la condensent et les canalisent pour la diriger de manière très précise et en quantité mesurée en des points donnés de leurs appareils. Plus impressionnant encore, tandis que nous procédons en invoquant de l’énergie arcanique d’une nature particulière, eux ont trouvés le moyen de changer la nature de n’importe quelle énergie en filtrant certaines de ses propriétés. Ils peuvent ainsi utiliser diverses sources pour une même tâche, ce qui peut expliquer l’alimentation constante que l’on peut constater en posant à tout moment sa main sur les grands tuyaux qui parcourent les couloirs.

20 Mi-l’An 667
Je me suis peut-être un peu emballé dans la dernière entrée de ce journal quant à l’application que font les Dwemer de l’énergie arcanique. Quelques détours nous ont permis de constater que beaucoup de pompes et d’autres mécanismes semblent alimentés par une énergie géothermique. Les sources magmatiques de la région sont sans doute pour beaucoup dans le fleurissement des sociétés dwemerii. En plus de servir de sources d’énergie, elles chauffent naturellement les complexes et fournissent du feu dans les zones où elles sont apparentes.

De notre côté, nous continuons nos expertises et découvrons avec toujours autant d’émerveillement la manière dont les Dwemer combinent forge de précision et arts arcaniques. De quoi alimenter d’intéressantes discussions entre collègues qui nous distraient du fait que nous n’avons pas vu le ciel depuis bientôt une dizaine de jours.


Notes du traducteur : Il semblerait que ceci soit le journal personnel de Savyn Lereth, un érudit Chimer de l’Ère Première. Peut-être devait-il servir de rapport auprès de leurs supérieurs, ou alors était-ce un simple journal de voyage. Le détail de la mission de Savyn Lereth et de son collègue Radraloth Oanil n’est pas consigné ici, pas plus concernant leurs supérieurs où la structure à laquelle ils appartenaient.
Nulle mention n’est faite du nom de la cité dwemeri dans ces premières pages, et aucun nom dwemeri, facilement reconnaissables, n’y figurent.
Ils sembleraient également que toute description des Dwemer les accompagnant soit évitée, à moins simplement que l’auteur de ces lignes n’aient pas jugé utile de décrire les personnes à qui ils avaient affaire. L’absence de noms dwemerii et de description détaillée des lieux couplée à ce choix narratif autorise tout de même à s’interroger sur la raison de cet évitement.
 
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 Sujet du message : Re: Traduction du journal chimeri
Message Publié : 03 Sep 2016, 13:26 
Ponihn
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Savyn Lereth a écrit :
12 Vifazur 667
Voilà deux mois que nous sommes arrivés à Shehthand. Nous nous sommes installés dans une certaine routine qui nous convient même si elle commence à nous ennuyer. Les Dwemer sont très stricts quant à nos déplacements au sein de leur cité, et nous avons non seulement un accès restreint à quelques zones, mais également des horaires précis pour passer de l’une à l’autre. Globalement, nous passons surtout du temps dans l’atelier qui est mis à notre disposition et dans lequel on nous présente les pièces et les systèmes sur lesquels nous travaillons.

Radraloth et moi nous sommes pris d’amitié et bien que la promiscuité soit parfois pesante, nous savons quand la discussion est bienvenue ou quand le calme est requis. Ce qui nous pèse le plus, à vrai dire, c’est de ne pas pouvoir sortir. Nos hôtes nous le refusent et le caractère diplomatique de notre mission rendrait mal avisé d’insister sur ce point.

Nous n’avons toujours pas eu de compagnie à nos repas, et les paroles que nous échangeons avec les Dwemer au fil de la journée se confinent au cadre de notre travail. Nous ne ressentons pas d’animosité à notre égard, en revanche notre présence dans la cité souterraine n’est de toute évidence pas appréciée et les quelques Dwemer que nous avons pu croiser avec lesquels nous ne travaillons pas semblaient quelque peu agacé de nous voir entre ces murs.

14 Vifazur 667
Nous avons eu la chance d’être brièvement introduits à l’architecture tonale. Elle est plus fascinante encore qu’elle ne paraissait à première vue. Non seulement les flux d’énergie sont filtrés de manière absolument ingénieuse, mais il y a également toute une dimension sonore dans le travail arcanique qu’effectue les architectes. Chaque flux arcanique émet un son très difficile à distinguer quand l’énergie est présente en petite quantité. Ce son est différent selon la nature de l’énergie, il est en quelque sorte l’empreinte qu’une oreille entraînée peut distinguer. Ceci a déjà été observé chez les érudits Chimer, mais jusqu’ici, aucune application de ce savoir n’a été trouvée et seuls les grands érudits à l’oreille affinée ont le privilège de savoir si c’est une boule de feu ou un sort d’altération qui leur arrive sur le visage. Les Dwemer, en revanche, maîtrisent parfaitement toutes les nuances de la musique arcanique et plus fort encore, ils parviennent à créer des automates qui sont capables de faire ces discernements et d’agir en fonction. Ainsi, plusieurs signaux différents peuvent être envoyés et induire des réactions en fonction. Je ne sais pas si l’analogie peut être poussée jusque-là, mais je serais prêt à parier qu’ils parviennent à accorder les différents sont des flux arcaniques entre eux comme nous le faisons quand nous jouons de la musique. D’ailleurs, les paris sont pris avec Radraloth, qui lui pense que je vais trop loin dans ma réflexion et que cela ne serait pas possible. Espérons que nous aurons prochainement la réponse.

15 Vifazur 667
Nous avons vécu une petite mésaventure aujourd’hui qui nous a laissés quelque peu dépités. Alors que nous rentrions seuls dans notre appartement afin de prendre le repas du midi, une porte au fond d’un couloir habituellement fermée a attiré notre attention puisqu’elle était cette fois-ci ouverte. Piqués par la curiosité, nous nous y sommes engouffrés et avons débouché, un peu plus loin, à l’intersection de plusieurs couloirs. Notre expédition s’est arrêtée net quand un groupe de Dwemer nous a aperçus et nous a entourés tandis que l’un d’entre eux allait chercher ceux qui nous ramèneraient dans le secteur qui nous est autorisé d’accès. L’événement peut sembler anodin, mais la dureté avec laquelle nous avons été ramenés à nos quartiers ne l’était vraiment pas. Nous voyons de plus en plus que nous gênons et sentons le regard pesant de certains Dwemer s’attarder sur nous. Ce sentiment d’être toujours observé devient peu à peu habituel. Parfois, je perçois le regard froid d’un Dwemer dans le coin de la salle, pourtant quand je me retourne, il n’y a que Radraloth. Une habitude d’être observés qui nous rend, semble-t-il, paranoïaques.

17 Vifazur 667
Nous avons entendu une espèce de chuchotement. Il venait du couloir au bout duquel se trouve la porte que nous avons malheureusement passée il y a deux jours. Ce n’était pas un simple chuchotement volé à une lointaine conversation. Il était fort, étrange. Comme si on nous l’avait soufflé directement dans les oreilles. Peut-être que notre mésaventure concernant ce couloir nous joue des tours et nous travaille l’esprit. Mais nous l’avons entendu tous les deux ! Ou alors est-ce le sursaut de l’un qui a fait réagir l’autre. Nous n’en parlons pas, mais nous nous sommes regardés durant tout le repas en sachant ce que l’autre avait en tête.
Peut-être n’est-ce rien.

25 Vifazur 667
Notre travail continue normalement. Plus d’incident depuis celui de la porte ouverte. Plus de chuchotement. Pourtant j’ai toujours l’impression d’être observé. L’impression que des yeux lisent ces lignes alors même que je suis en train de les écrire.

Toi qui lis, qui es-tu ?


N.d.t. : Nous avons le nom de la cité ! « Shehthand ». D’après les maigres traductions du dwemeris que nous possédons, j’ai pu tenter de comprendre ce nom. Le suffixe, -thand, est souvent utilisé dans les noms des cités dwemerii. Il signifie "hall" ou quelque chose de rapprochant désignant un agencement particulier de l’architecture souterraine. Sheh a été plus difficile à déchiffrer. Une source semble l’utiliser comme un verbe qui pourrait se traduire par "parler". Peut-être qu’une des fonctions de ce lieu était celle de forum. La mission des deux Chimer tend également à montrer qu’il pouvait être choisi pour la diplomatie.
Il est intéressant de constater que le caractère froid des rapports entre les Chimer et leurs hôtes n’ont pas changés avec le temps. Les Dwemer semblaient beaucoup tenir à leur intimité. Ces rapports ainsi que le confinement et une routine stricte pesaient à l’évidence sur l’auteur de ce journal et son collègue. Les dernières entrées de cette partie témoigne d’une fatigue les gagnant.
 
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 Sujet du message : Re: Traduction du journal chimeri
Message Publié : 03 Sep 2016, 13:40 
Ponihn
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Savyn Lereth a écrit :
23 Âtrefeu 667
Encore un mois est passé. Nous n’avons finalement pas continué nos travaux sur l’architecture tonale. Peut-être que notre enthousiasme vis-à-vis de celle-ci nous a desservi. Dans tous les cas, nous continuons à mettre à dispositions nos connaissances, et depuis quelques temps, c’est surtout sur des schémas plutôt que directement sur les automates que nous méditons.

Radraloth partage ma lassitude, mais nous tenons le coup. Notre mission semble s’allonger au fur et à mesure qu’elle se déroule et nous nous demandons à chaque machine qui nous est amenée si c’est enfin la dernière.

On nous observe toujours.

30 Âtrefeu 667
La porte au bout du couloir que nous avions passé reste délibérément ouverte ces derniers temps. Ce n’est pourtant pas dans les habitudes des Dwemer, auxquelles nous avons été habitués, que de laisser ainsi une porte non verrouillée. Nous avons surpris ceux qui passaient par là agir distraitement et sembler nous remarquer sans pour autant en avoir cure. Pourtant notre première expérience nous retient bien de se laisser tenter de passer la porte une nouvelle fois.

5 Soufflegivre 667
La porte continue de rester ouverte. Nous commençons à envisager sérieusement de la passer à nouveau. Après tout, que risque-t-on sinon d’être renvoyés à nos quartiers ?

6 Soufflegivre 667
Je continue d’avoir ce sentiment d’être observé, mais il ne semble pas être avéré. À chaque fois que je me retourne brusquement, il n’y a personne. Si des yeux nous épient, ce ne sont pas ceux des Dwemer. Un conseil pour ces yeux : ne regarde pas aux endroits évidents, regarde sous les lignes. C’est là qu’est le btharumzngark1 dont parlent les Dwemer. Traduis, tu sauras où chercher.

C’est décidé, demain nous passerons la porte.

7 Soufflegivre 667
Nous sommes passés. Cette fois, nous étions sur nos gardes et nous sommes restés discrets. Nous nous sommes enfoncés dans les couloirs. Et puis dans d’autres couloirs. Nous descendions. Nous avons décidé d’un système simple pour ne pas nous perdre : toujours tourner du même côté, et faire une petite marque au sol quand cela était nécessaire. Nous avons fait cela durant presque deux heures. Finalement, nous sommes arrivés dans un endroit où il n’y avait personne. Et puis nous avons entendu du bruit derrière nous. Nous nous sommes cachés et avons attendu, observant qui allait passer.
Il y eut d’abord un Dwemer, un roturier d’après sa tenue. Il s’arrêta devant un mur non loin de nous dans lequel une fissure ouvrait une petite brèche béante. Le Dwemer sortit de ses robes un papier plié qu’il y déposa, puis partit.
Et puis il y en eu d’autres. Parfois deux ou trois à la fois. Chaque fois, ils déposaient un papier dans le trou du mur et s’en allaient. Quand plus personne n’apparut pendant une assez longue période, nous décidâmes de sortir de notre cachette.
Nous nous sommes approché du trou dans le mur n’y avons vu que le vide. Pas de trace des papiers. À l’aide d’un petit caillou, nous avons pu constater que la brèche n’était pas un simple creux, mais qu’elle donnait sur de nouvelles profondeurs.

En rebroussant chemin afin de retourner discuter de cela dans notre appartement, nous avons fait encore une étrange rencontre. Non loin de la salle du mur au trou, dans un couloir, un Mer était assis et fixait le sol. Il se tenait les oreilles et ne bougeait pas. Il ne nous a pas remarqués et nous avons pu retrouver notre chemin sans nous faire attraper.

8 Soufflegivre 667
Je crois que j’ai entendu le chuchotement cette nuit. J’ai rêvé de cette personne assise dans le couloir. Je n’arrive pas à me l’enlever de la tête. Est-ce que c’est lui qui chuchote ?


N.d.t. : 1 btharumz : "sous, en dessous" ; ngark : "savoir". Le « savoir d’en-dessous ». Il s’agit d’un mot en dwemeris, écrit comme tel dans le texte. Son utilisation ici est particulièrement étrange. L’auteur semble dire que c’est un mot qu’il a entendu les Dwemer utiliser ("dont parlent les Dwemer"). Il est difficile de savoir si c’est un concept qui était répandu et connu des Chimer, ou s’il est propre au contexte et à la cité dans lequel ils se trouvent. Je n’ai pu trouver aucune autre trace écrite de ce mot.
Le passage dans lequel ce mot est cité est assez perturbant. Savyn Lereth semblait persuadé que quelqu’un lisait son journal et lui donnait même des indications pour que son lecteur trouve cette chose qu’il appelle le savoir d’en-dessous. Je dois avouer qu’un instant j’ai pu croire qu’il s’adressait à moi, en invectivant son lecteur à traduire. C’est sans doute stupide, cette traduction me monte à la tête.
Ce court passage détint cependant nettement du reste de cette partie du journal qui, bien qu’elle décrive des événements hors normes et saisissants, reste très factuelle.
 
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 Sujet du message : Re: Traduction du journal chimeri
Message Publié : 03 Sep 2016, 13:55 
Ponihn
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Savyn Lereth a écrit :
20 Soufflegivre 667
Ces cliquètements en permanence… Je n’en peux plus de les entendre. Cela ne semble pas gêner Radraloth. Il dit que l’oreille s’habitue et ignore les bruits répétitifs. Les miennes font tout le contraire et amplifient les grincements de jours en jours. J’ai parfois envie de me les arracher.

22 Soufflegivre 667
Les Dwemer posent des questions qui s’éloignent de notre objet d’étude commun. Nous tentons d’y répondre vaguement, nous ne sommes pas censés donnés plus d’information que nécessaire. Et les échanges ne vont que dans un sens. Ils se montrent encore plus pudiques que nous quand il s’agit d’évoquer en détail leur architecture tonale ou l’utilisation qu’ils font des arcanes. Si nous voulons que cette mission nous soit aussi bénéfique qu’à eux, il va falloir se procurer leurs connaissances par nous-mêmes.

24 Soufflegivre 667
Nous avons longuement discuté avec Radraloth. Nous allons devoir y retourner. Nous tournons en rond ici, alors que dessous…
J’ai peur de revoir ce Dwemer assis dans le couloir à nouveau.

26 Soufflegivre 667
Nous restons silencieux durant les repas. Nous ne parlons presque plus. Nous pensons au mzinngark1.
Nous descendrons bientôt.

28 Soufflegivre 667
Bientôt.

30 Soufflegivre 667
Nous nous sommes perdus. Il était là, dans le couloir. Il se tenait les oreilles. Nous avons continué. Il y avait un passage non loin du mur au trou. Il descendait, encore et toujours. Il descendait. Nous sommes arrivés dans un dédale sombre. On aurait dit qu’une partie de la cité avait été abandonnée. Le silence. Aucun automate ne martelait le sol. Aucun de ses gros tuyaux ne serpentait le long des murs.

Nous avons essayé d’appliquer notre technique pour ne pas nous perdre. Toujours tourner dans le même sens. Marquer le sol. Ça n’a servi à rien ici. Les marques au sol se multipliaient plus vite que nous ne les tracions. Nous avons décidé de continuer par les couloirs qui semblaient les plus empruntés. Il y avait des marques dans la poussière qui tapissait le sol. Ensuite, nous l’avons vu.

Nous n’étions pas bien certains de ce dont il s’agissait. Une sorte de grande machine à la forme très particulière, ne correspondant à rien de ce que nous avions pu observer. Elle était vraiment grande. Ce n’est qu’un court instant après que nous avons aperçu les Dwemer qui se disposaient autours. Nous nous sommes enfuit quand l’un d’eux nous a repéré. Nous avons trouvé un endroit calme dans les couloirs.

Quelques heures plus tard, nous sommes retournés à la salle de la machine. Nous avons observé les Dwemer en silence. Mais le silence parlait. Les Dwemer étaient comme hypnotisés par la machine. Elle émettait des soupirs. Rien de mécanique. Quelque chose… comme une voix.

Nous sommes finalement retournés à notre retraite dans les tunnels. Nous reviendrons demain.

31 Soufflegivre 667
La voix ne vient pas de la machine. Au contraire, nous pensons qu’elle souffle aux Dwemer comment la construire. Il se passe des phénomènes étranges à proximité. L’espace s’y tord parfois. Nous avons vu des bouts de métaux devenir flou, des blocs s’estomper au travers desquels il est désormais possible de voir, alors même que le bloc est toujours présent. Radraloth pense que la machine est un pont entre plusieurs plans. Cela est-il possible ?

Nous avons entendu un Dwemer prononcer une phrase : « Ingth am chun chond nu vvahvith. ». Et puis les autres répéter : « Chun chond nu vvahvith ? ».2

L’atmosphère est de plus en plus oppressante. C’est comme si les kilomètres de galeries qui grouillaient au-dessus de nous pesait de tout leur poids sur ces derniers espaces dans lesquels nous rampons. Et ces Dwemer agissent dans le noir presque complet. Il nous est difficile de distinguer correctement ce que nous avons devant nous, même si nos yeux se sont un peu habitués. Pourtant ils nous jouent encore des tours. Nous avons tous deux cru apercevoir une sorte de tentacule sortir subrepticement de la machine. Les ombres dans les ombres prennent de drôles de formes.

Nous sommes rentrés pour essayer de dormir et Radraloth à vite trouvé le sommeil. Moi je n’y suis pas parvenu à cause de l’œil qui me fixait.


N.d.t. : 1 « Savoir caché ». En dwemeris dans le texte.
2 « Cela demande où nous nous soustrayons. ». « Où nous soustrayons-nous ? ». Telles quelles dans le texte.
Ce qui est décrit dans cette partie du journal est difficilement croyable. On ne peut s’empêcher de penser à la disparition des Dwemer, mais je pense que les choses ne sont pas aussi évidentes. La machine serait un pont entre les plans ? Mais de quels plans s’agit-il ? La phrase en dwemeris suggère qu’un des plans qui était cherché à atteindre serait celui "
où les Dwemer se soustraient". Cela veut-il dire que leur disparition avait déjà commencé ? Pourtant on parle dans tous les livres de l’époque d’une disparition soudaine. La seule autre explication serait que cette entité qui leur montre comment construire la machine ait pu prévoir leur disparition. La voir même ? La connaître à l’avance ?
Herma-Mora. Est-ce à nouveau trop évident ? Il faut que je lise sous les lignes.
Je dois réfléchir… Et cette figure du Dwemer accroupi qui se tient les oreilles. Est-ce qu’elle signifie quelque chose ? J’en ai rêvé cette nuit. Je l’ai vu qui se tenait immobile à fixer le sol. Je ne me le sors plus de la tête.
La dernière phrase de la dernière entrée est étrange. Peut-être qu’elle est métaphorique. Parle-t-il encore de son lecteur ?
 
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 Sujet du message : Re: Traduction du journal chimeri
Message Publié : 03 Sep 2016, 14:05 
Ponihn
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Savyn Lereth a écrit :
Sombreciel?
Radraloth a disparu. Je ne sais pas depuis combien de temps je ne l’ai pas vu. Des jours, peut-être. Je ne parviens pas à retrouver mon chemin vers les hauteurs de la cité.

Aujourd’hui j’ai erré dans les couloirs. Là-bas, dans la grande salle, ils construisent toujours leur étrange machine. Je ne sais pas combien de temps j’ai marché, mais je crois que je m’en suis beaucoup éloigné. Tous ces boyaux se ressemblent.

J’ai trouvé l’endroit où atterrissent les bouts de papiers qu’ils enfilent dans le mur au trou. J’en ai pris quelques-uns. Il y a des sortes de schémas dessus, des structures complexes qui pourrait autant représenter quelques roulements mécaniques que le mouvement des planètes. Il y a des textes aussi, certains difficilement compréhensibles. Ils semblent parler de sujets divers sans réels liens les uns avec les autres. J’en ai même trouvé un qui traite de la culture des champignons. Tout cela ne fait pas de sens, mais ce n’est pas tout. À période régulière, un groupe de Dwemer vient récupérer le tas de papiers et l’emmène à la salle de la machine. Je les y ai suivis. Une fois là-bas, ils jettent simplement les feuilles dans une sorte d’ouverture à la base de la construction. Je ne comprends pas.


Les jours passent et ses couloirs me digère chaque heure un peu plus. Parfois j’entends de lointains chuchotements. Loin de m’inquiéter, il me rappelle le vent.


Tu as lu mon journal, encore ! Il y a la trace de tes doigts sur mes derniers mots qui n’avaient pas fini de sécher. J’ai regardé d’anciennes pages, là aussi des traces ! Je savais que je n’étais pas devenu fou. Mais qui es-tu ? Pourquoi ne me réponds-tu pas ? Tu dois venir durant mon sommeil. Tu n’es pas des leurs, n’est-ce pas ? Tu lis ma langue.


Il n’y a pas de matin ici. Les Dwemer sont toujours agités. Ils travaillent sans dormir. Parfois il y en a moins mais je ne les vois jamais remonter. Par où passent-ils ?


Je crois que j'ai aperçu Radraloth, aujourd’hui. Il était assis au détour d'un couloir. Je l'ai appelé mais il ne m'a pas entendu. Il avait les mains sur les oreilles.


Combien de temps maintenant ? Ici rien ne bouge.


La machine a parlé.


Il y a quelque chose au bout du couloir duquel j’écris. Je n’ose pas aller à sa rencontre.
La chose avance.
Toi ?


N.d.t. : Ce sont les derniers mots qu’écrivit Savyn Lereth. Tout porte à croire que cette chose qui allait à sa rencontre l’a tué.
Il est possible de faire plusieurs hypothèses sur l’identité de la personne qui l’a vraisemblablement assassiné. Son lecteur, s’il existe, est très certainement aussi son bourreau. On peut raisonnablement pensé que certains Dwemer ont repéré ces agissements et le suivait depuis un certain temps déjà. S’ils n’ont pas agi plus tôt, c’est peut-être qu’ils attendaient que le Chimer commette le faux pas qui le perdrait sans qu’ils n’aient beaucoup à faire. Peut-être plus simplement s’est-il fait repérer par les Dwemer de la salle à la machine.
Pourtant, le tout dernier mot semble montrer que Savyn Lereth a reconnu la silhouette. Un Dwemer qu’il connaissait ? C’est possible. Mais une simple phrase m’a fait remarquer un détail très important. Peu de personne dans la cité lisaient la langue chimeri. À vrai dire, il n’y avait sans doute qu’une autre personne que Savyn qui était capable de lire son journal…

«
Tu lis ma langue. »

Savyn, j’ai lu ta langue et chacun de tes mots et pourtant il me reste encore beaucoup à comprendre. Qu’as-tu vu sous la terre, que tu n’as rapporté ? Que sont ces choses que tu as décrites ? Ces ruines murmurent encore à travers ce journal, et des éons plus tard, assis dans ses couloirs, c’est à moi d’écouter. Pour un instant volé au temps, je suis ton lecteur.
 
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