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 Sujet du message : Les IRHFIHN, hommages du Vice à la Vertu
Message Publié : 19 Mars 2014, 21:06 
Inil
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Un livre... ou plutôt un recueil de vieilles pages dépareillées, grossièrement cousues à un cuir d'un autre âge. Visiblement, il s'agit de transcriptions parcellaires d'un ouvrage plus ancien. L'auteur originel, Nalis Khes, est inconnu.

Extraits...

Citer :
Les Ihrfihn de la Maison Telvanni, hommages du Vice à la Vertu
par Nalis Khes

En dehors de leur cercle hermétique, les sorciers de Port Telvanni souffrent d'une réputation exécrable. C'est un fait. Interrogez le premier tavernier de la première taverne sur votre chemin, il ne tarira pas d’anecdotes peu flatteuses à leur sujet. Ses habitués, à jeun ou imbibés, opineront très certainement du chef. Mais pareilles anecdotes sont-elles seulement fondées ?
Ce tavernier disert a-t-il seulement jamais croisé un Telvanni dans sa triste existence ? Rien n'est moins sûr.

En toute franchise, on prête à cette Maison bien des défauts qui ne trouvent dans les faits, nul fondement concret – du moins sur notre plan d'existence. De même, nombreux parmi les plus virulents détracteurs, sont ceux qui à l'instar de notre tavernier ne rapportent que rumeurs et racontars réchauffés sans pouvoir témoigner d'un méfait qui leur soit formellement imputable.

Certes les Telvannii sont mystérieux et du mystère naissent bien des peurs. Les esprits faibles aiment alimenter ces dernières par des supputations à la hauteur réduite de leur imagination. Les sorciers disposent également d'un grand pouvoir et nul n'ignore que ceux qui en sont dépourvus – et ils sont nombreux – apprécient et partagent l'idée saugrenue que le pouvoir corrompt.
Mystérieux et puissants, voilà bien des travers qu'envient nombre de Maisons concurrentes dont les maîtres également hautains et méprisants – à leurs manières respectives – ne sont, ni n'ont jamais été des parangons de vertu.

En fait, un esprit objectif et raisonnable, imperméable aux caquetages populaires, pourrait conclure qu'en matière de mœurs et d'éthique, les Telvannii ne sont ni pires ni meilleurs que leurs cousins Indoriil ou Hlaaluu.

À l'instar de mes estimés lecteurs, j'estime disposer de cet esprit ; toutefois, je suis au regret de leur annoncer - de Vous annoncer - que je ne valide pas cette conclusion !
Fût-elle dictée par la Raison, elle omet, triste lacune, des informations capitales et inédites que je me propose de vous livrer dans cet ouvrage.

Les Telvannii sont d'abjectes créatures, les pires sans doute qui aient jamais foulé le sol de Vvardenfell depuis la disparition du dernier Dwemer. Qu'on le veuille ou non, notre tavernier est dans le vrai. Plus exactement, il détient une parcelle infime, presque dérisoire, d'une vérité dont l'effroyable entièreté emporterait aussitôt son esprit dans les limbes d'une irrévocable démence.

Ne souriez pas, lecteurs ! Je ne me permettrais jamais pareille assertion sans de solides étais. Poursuivez votre lecture ; vous jugerez alors de leur implacable justesse.

Image

Citer :
Nota bene

Vous constaterez que ce présent ouvrage est presque essentiellement consacré aux agissements abjects d'un clan somme toute mineur de la Maison Telvanni : Ihrfihn le-bien-nommé1.

Saurait-on estimer la santé d'un arbre à l'aune d'une seule branche pourrie ? Certes non. Mais vous découvrirez, consternés, que l'Histoire, très ancienne de ce clan, se fond comme une ombre vivace dans celle de sa Maison. Et que les horreurs ici relatées n'auraient jamais pu être perpétrées - du moins impunément - sans le soutien complaisant et intéressé des prétendus « sages » de Sadrith Mora.

De fait, si tous les clans sorciers n'ont pas accumulé au fil des siècles autant de vices combinés, tous, sans exceptions notables, ont su profiter opportunément des fruits de leurs méfaits. Au su de la nature et de la gravité de ces-dits méfaits, vous conviendrez, à n'en pas douter, de la lourde responsabilité portée par l'ensemble de la Maisonnée.

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1. "Ihrfihn" signifiant "malice" en dunmer.
 
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 Sujet du message : Re: Les IRHFIHN, hommages du Vice à la Vertu
Message Publié : 26 Mars 2014, 07:57 
Inil
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Message(s) : 219
Quelques pages plus loin... Visiblement, aucun ordre particulier n'est respecté.

Citer :
Culte du Secret, cires mémorielles et Intimités


Plus encore que leurs acolytes Telvannii, les Ihrfihn vouent un culte insensé au Secret, à l'Anonymat et au Mystère. Celui-ci a façonné des siècles durant, leur manière de penser, d'agir, voire de se reproduire (cf. chapitre Consanguinité). Il est à la fois source de leur faiblesse (cf. chapitre précité) et celle de leur plus grande force. En fait, depuis leurs terres natales de Seydãrã1 en Vvardenfell, on ne leur connaît nulle richesse tangible qui ne soit d'ordre intellectuel. Ce patrimoine amassé au gré d'expérimentations insensées est jalousement gardé, protégé et transmis de génération en génération...

Durant les premiers siècles de l'Ӛre2, on sait de sources sûres que les membres de ce clan eurent recours aux rites des cires mémorielles pour réunir, archiver et consulter les savoirs anciens contenus dans les âmes liées de leurs prédécesseurs.

Cette tradition n'est ni l'invention, ni l'apanage des Ihrfihn.
Elle remonte aux derniers siècles de l'Әre. Seuls les clans de sorciers – on ne parlait pas encore de Telvannii – habiles en Arts Funèbres et versés en Nécromancie usaient de ce procédé.
Mes lecteurs les moins instruits, auxquels mes pensées contrites vont fort naturellement, comprendront qu'il s'agit de rituels peu ragoutants exercés sur les cadavres frais de ceux dont la mémoire est précieuse.

Les Ihrfihn donc, avaient coutume – déjà bien ancrée – de soumettre leurs patriarches et matriarches morts, ou mourants, à une lente dissécation de leurs chairs molles, lesquelles étaient soumises à nombre d'enchantements savants. Le procédé présentait le double mérite de hâter les départs capricieux et de constituer un ferment préalable et pratique au scellage des âmes.

Réduits en cierges ou bougies3 de tailles et de formes diverses, les ancêtres ainsi traités étaient réunis à Sadith Mora jusqu'au ӚIIème siècle puis à Port Telvanni dans la Salle des Candélabres de la Tour Ihrfihn.

Il est très probable que cette solution fort pratique prit fin peu après le fâcheux épisode des Trouble-Cendres en Ӛ.253 (cf. chapitre consacré)4.

1. Litt. Les chemins de cendres. Petite région perdue sur les pans orientaux du Mont Écarlate essentiellement peuplée de Cendrais.
2. L'auteur utilise visiblement les notations du Calendrier Authentique, un temps à la mode parmi les érudits de Vvardenfell ; se référer à l’aparté correspondant.
3. À cette époque, on ne brûlait pas des cierges en mémoire d'un défunt, mais pour accéder à la mémoire d'un défunt.
4. Chapitre absent du présent ouvrage.



Citer :
L’abandon de ces rituels raviva le problème épineux de la conservation et de la transmission des mémoires ihrfihnes. Aussi, à cette période, apparurent les premières Intimités.

Les Intimités les plus communes, pour un œil peu exercé, ressemblent à tout recueil d'études telvannii. Il s'agit généralement de grimoires volumineux dont le contenu est crypté et/ou l'accès protégé par des sorts divers. Le plus sagace des archivistes aurait bien du mal, à distinguer une Intimité ihrfihne non signée de n'importe quel autre ouvrage de sorcellerie qui abonde dans les bibliothèques érudites.

Il existe certes des supports moins « académiques » : l'Intimité du sorcier Thervam Ihrfihn1, par exemple, se présente sous la forme d'une délicate boite à musique.
Parfois, le support est moins inhabituel que son contenu ; sur les pages où l'on attendrait de complexes calculs algorithmiques d'Arithmancie dædrique peuvent surgir des recettes de cuisine2, des herbiers3, des poèmes illustrés, des planches érotiques, voire une liste interminable de courses...
Toutefois, les apparences, chez les Ihrfihn, sont souvent trompeuses ; le but premier d'une Intimité est invariablement la transmission d'un savoir, le plus souvent magique4.

Les Ihrfihn, dès leur plus jeune âge, sont tenus de « penser » leur Intimité. Au fil du temps, il apprennent à les structurer, et l'expérience venant, choisissent tant le support que les moyens de la préserver des regards indélicats.
C'est l’œuvre d'une vie entière qui ne saurait être collective ni partagée.

Une Intimité digne de ce nom doit inclure, sous une forme généralement détournée, tout ce qu'un sorcier a vécu, expérimenté, observé... Y sont consignés ses succès mais également ses échecs. La conception d'une Intimité ne s'achève qu'à l'aube d'une mort prévisible, par la pose finale des scellés et la relève des clefs5. Ces dernières reviennent de droit au Révérend ou à la Révérende6,7.

Il est à noter que cette tradition est depuis plusieurs siècles scrupuleusement observée par les Ihrfihn, aussi inconstants soient-ils. Il en va simplement de leur place au sein de la Maison Telvanni et par conséquent de leur survie. Vous constaterez dans cet ouvrage l'importance de ces Intimités dans le savant jeu politique de Port Telvanni : monnaie d'échanges précieuse, elles permirent d'acheter maints soutiens et de noyer nombre d'affaires douteuses...

N'importe quel Ihrfihn, fut-il plus pervers que ses frères, sait que sa liberté et celle de son clan dépend uniquement de la valeur de ses études et de leur commerce, présent ou futur.

1. I-Ӛ.489 Thervam
2. I-Ӛ.1002 Elmira iyfir
3. I-Ӛ.992 bidi’im Redas
4. Il existe également des traités profanes traitant d'économie, de science médicale, de théologie et plus rarement de stratégie militaire. Difficile cependant de déterminer s'il s'agit du véritable sujet de l'étude ou d'une de ces fameuses fausses pistes dont le clan est friand.
5. L'apposition de sceaux magiques sur des ouvrages et l'élaboration de clefs de décryptage est une pratique très commune chez les sorciers, toute race confondue. Les Telvannii -Ihrfihn compris - en font toutefois un usage immodéré.
6. Doyen(ne) du clan.
7. Les Révérend(e)s ne sont que les destinataires traditionnels des dites-clefs ; ils ne disposent pas nécessairement des Intimités, lesquelles se transmettent de parents à enfants.



 
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