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 Sujet du message : Faune endémique de Resdayn
Message Publié : 15 Déc 2015, 13:32 
Gaharikhan
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Faune endémique de Resdayn
par Ralen Venim, Grand Maître de l'Arador Dayn


Citer :
Le présent ouvrage se veut être un précis de biologie le plus exhaustif possible, mais aussi le plus abordable. Comme l'indique son titre, il traite l'ensemble de la faune de Resdayn, continentale et insulaire, et s'efforce d'y apporter un angle de vue à la fois large et pertinent pour permettre à son lecteur d'appréhender sereinement l'observation et l'étude des différentes espèces.

Les espèces non-endémiques tels que les vasards ou les dreughs terrestres ne seront pas abordées.



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~ Le Chien de Nix ~


  • Biologie

Comme son nom ne l'indique pas, le chien de nix n'est en rien apparenté aux canidés1, ni même aux mammifères puisqu'il appartient à l'embranchement des arthropodes, des animaux invertébrés dits "articulés". Comme tous les arthropodes donc, son corps présente une série de segmentation munies de paires d'appendices articulées et le tout est recouvert d'une carapace rigide, plus ou moins épaisse (appelée aussi squelette externe) et constituée de chitine.

Autre caractéristiques des arthropodes que le chien de nix possède également : la mue. Elle s'opère pendant une période bien définie de la vie de l'organisme, entre l'état larvaire et l'état adulte, et aucune mue post-croissance n'a jusqu'alors été observée. Sachez que la larve du chien de nix est très difficile à observer car c'est alors un organisme fouisseur très peureux qu'il sera rare de voir en dehors de son profond terrier.

La croissance de la larve de chien de nix est donc encore trop mal connue pour en établir un schéma clair, cependant l'observation des autres arthropodes courants (telle que la Guêpe de Fangeombre) permet d'imaginer assez bien ses différents stades de développements.

Le chien de nix présente deux importants segments que sont le céphalothorax (4) renfermant le centre nerveux, et l'abdomen (5) contenant les organes reproducteurs, tous deux étant des artéfacts du corps bisegmenté du stade larvaire. Du fait de leur ancienneté ils présentent d'ailleurs une épaisseur de chitine importante. Entre les deux s'est développé, lors des mues de croissance, le segment thoracique qui contient la majeure partie de l'appareil digestif.

Durant les différentes mues de métamorphose qui jalonnent le stade larvaire, les anciens appendices de la larve disparaissent pour laisser place à ceux du stade adulte. L'appendice défensif (1) protège les yeux2 qui se trouvent à sa base. Les appendices préhenso-masticateurs (2) servent à la fois de pince en leur extrémité pour saisir la nourriture, et de mâchoires à leur base, près de la bouche. Vient ensuite l'appendice sensoriel (3) qui peut être simple ou double suivant les espèces3. Enfin, les quatre appendices locomoteurs, communément appelées pattes, permettent une remarquable mobilité.


  • Mode de vie

Le chien de nix est un animal sauvage qui peut-être très dangereux, contrairement aux fausses idées que véhiculent les irresponsables dompteurs. Deux grandes espèces sont couramment observées, le Chien de Nix commun, pas plus haut qu'un demi-mètre, de couleur brunâtre et se déplaçant généralement en meute; et le Chien de Nix dit "errant", pouvant atteindre un bon mètre de haut, de couleur vert sombre et chassant exclusivement en solitaire.
La première espèce ne présente apparemment une agressivité que lorsqu'elle est galvanisée par la meute, aussi sera-t-elle plus craintive en étant isolée. La seconde par contre, que l'on rencontre principalement dans les terres cendrées de Vvardenfell, est beaucoup plus agressive et traque ses proies sur de longues distances.

Le chien de nix est une espèce omnivore, aussi se nourrira-t-il autant de petites plantes, et mousses humides, que d'animaux petits ou grands. Le chien de nix commun solitaire cause d'ailleurs régulièrement des dégâts dans les exploitations agricoles des dunmers du continent car il raffole des diverses légumineuses qui y poussent, tel que le chou de scrib, et peu d'artifices élaborés par les fermiers parviennent à l'effrayer. Les spécimens en meute, quant à eux, n'hésiteront pas à s'attaquer à plus grand et plus fort qu'eux. Il n'est pas rare de trouver des cadavres d'alit ou de kagouti, percés de mille trous, caractéristique d'une attaque de chiens de nix.

Prenez garde donc, voyageurs et biologistes, de ne pas approcher imprudemment un chien de nix et laissez les récolteurs de chitine, plus expérimentés que jamais dans la chasse de cette espèce, faire leur travail.

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1 : Il s'agit là d'un abus de langage qui trouve très probablement sa source dans le comportement de meute très présent chez le chien de nix commun. Mais en aucun cas vous n'entendrez ses animaux aboyer !

2 : Œil composé ou dit "à facette", présentant de multiples surfaces de réception de la lumière.

3 : L'appendice sensoriel est encore très mal connu. Il semble remplir plusieurs rôles sensitifs : l'odorat, le gout, mais aussi la captation des sons. Il est simple chez le chien de nix commun et double chez le chien de nix errant.
 
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 Sujet du message : Re: Faune endémique de Resdayn
Message Publié : 16 Déc 2015, 00:09 
Gaharikhan
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~ Le Braillard des falaises ~



  • Biologie

Si vous préparez votre premier voyage en Resdayn, n'ayez crainte, vous ne tarderez pas à rencontrer des braillards des falaises, et vous comprendrez alors assez vite pourquoi il furent ainsi nommés. Ces créatures volantes aisément identifiables appartiennent en effet à la classe extrêmement connue et répandue des oiseaux. A ce titre ils sont donc aussi inclus dans la super-classe des tétrapodes, qui se définissent notamment par un squelette comportant deux paires de membres. C'est là que le braillard tire son épingle du jeu car il ne faut guère plus d'un coup d’œil pour remarquer une absence indiscutable de pattes.

Étant un oiseau, il est tout à fait normal que la paire de membres supérieurs du braillard soit des ailes, présentant toutes les caractéristiques typique du vol. Cependant la grande question qui taraudait les biologistes d'antan concernait l'étrange disparition des membres inférieurs locomoteurs. La critique actuelle remarquerait aisément que les chercheurs considéraient alors les ailes caudales (1) comme de simples voiles, fruit d'une excroissance adaptative. Il n'en est en fait rien de tel, car les récentes dissections permettent d'affirmer que ses voiles sont en fait une seconde paires d'ailes parfaitement formées.

La théorie d'une évolution morphologique, influencée par un mode de vie en vol quasi constant, reste cependant avérée. Le curieux alignement verticale des ailes caudales s'explique par une dérive du bassin amenant ces artéfacts de pattes à servir littéralement de gouvernail. Des récentes observations plus minutieuses ont effectivement permis de voir que ces ailes n'étaient pas de simples voiles amorphes, et qu'au contraire le braillard les utilise en permanence pour corriger son inclinaison et contrôler sa trajectoire. En outre il utilise préférentiellement ses ailes supérieurs pour contrôler son assiette et sa vitesse1.

Le braillard des falaises est à l'heure actuelle le seul représentant des oiseaux à avoir vu ses pattes remplacées par une seconde paire d'ailes. Évidemment, cette particularité physique constitue à la fois un atout et un désavantage pour l'animal, nous y reviendrons dans la partie traitant de son mode de vie.

Avant cela il est à noter deux autres caractéristiques importantes du braillard. Il s'agit d'abord de son très long appendice caudal, ou plus couramment appelé queue (2). Là encore on fait face à une particularité assez notable de cette espèce que ne présentent pas les autres oiseaux. Sa longueur presque anormale trouve très certainement son utilité dans les déplacements complexes du vol, mais rien n'est moins sûr à l'heure actuelle2.

Enfin, il est un élément primordial qui compose les ailes supérieurs du braillard : le bourrelet osseux (3) présent à la base de l'os métacarpe majeur3 qui se traduit par un épaississement cartilagineux tout autour de l'articulation, permettant à l'animal de se reposer dessus et de s'en servir comme moyen de locomotion terrestre précaire. Les zones de nidification des braillards des falaises étant inaccessibles, on imagine que l'animal s'y déplace très simplement, sur de très faibles distance.

Pour conclure sur l'aspect morphologique, notez que le braillard des falaises présente des plumes, tout comme les oiseaux, à ceci près que ses ailes n'en sont pas constituées. Elles sont en fait à l'image des ersatz d'ailes qu'on peut observer chez certains mammifères telles que la chauve-souris, un fin replis de peau étiré entre l'abdomen et les phalanges terminales.


  • Mode de vie

Les connaissances actuelles sur le mode de vie du braillard des falaise sont encore trop restreintes aussi y a-t-il peu de chose à dire en dehors de l'observable, si ce n'est des spéculations induites par l'observation des autres espèces d'oiseaux.

Tout d'abord, notez bien que le braillard, au delà de sa belle complexité anatomique, est un prédateur dangereux. Quelque soit la méthode d'approche que vous choisirez, il vous détectera et vous traquera avant même que vous n'ayez pu encore l’apercevoir.

Sa position aérienne lui donne un grand avantage sur l'ensemble de la faune de Resdayn, et hormis les chasseurs dunmers, il ne souffre aucun prédateurs directs. On le compare souvent aux vautours et autres rapaces, et ce à juste titre car il se comporte souvent de manière identique. Bien qu'il chasse ses proies en solitaire, il ne rechigne jamais à rejoindre un attroupement de ses congénères pour faire d'une charogne un festin collectif. Il détient aussi ce don malsain de repérer les proies affaiblies pour en faire sa cible désignée, qu'il traquera sur de très longues distances et parfois même pendant plusieurs jours. Sa morphologie en fait le véritable maître des cieux et il vole à des vitesse qui dépasse de très loin les plus rapides guars coursiers. N'espérez donc jamais en réchapper si votre fuite vous conduit en terrain découvert.

Justement, comme nous l'abordions plus haut, son plus grand atout est finalement aussi le votre, si vous réussissez à en tirer partie. Le braillard est un oiseau rare qui ne fait que voler, lorsqu'il ne dort pas. Il lui est en effet incapable de se poser et se déplacer sans souffrir d'un grand manque de mobilité, aussi ne s'y risquera-t-il jamais. Les forets denses, les grottes, les gorges étroites sont autant d'environnements naturels où le braillard ne s'aventurera pas, en plus bien sûr des multiples lieux urbanisés.

Son nom lui vient aussi de son habitat de nidification, car le rebord des falaises et les hauts escarpements sont les seuls lieux où l'on soupçonne l'existence de ses nids. Du fait de sa grande envergure et de sa très mauvaise mobilité terrestre, il est fort probable qu'il apprécie les formations géologiques isolées des prédateurs et présentant des dimensions idéales pour des atterrissages difficiles où la transition air-sol doit être brutale.

Voici en tout et pour tout l'essentiel des connaissances actuelles sur le braillard des falaises. On ne pourra cependant pas terminer cette description sans parler de son attribut le plus éloquent : son cri. Vous l'entendrez toujours avant de le voir, le cri du braillard est on ne peut plus strident et il sert aussi bien à la reproduction qu'à la provocation et l'intimidation. Chez vous cela dit, il fera surtout poindre l'exaspération.

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1 : Quelques notions supplémentaires de physique peuvent aider à mieux comprendre la mécanique de vol du braillard des falaises. Comme le schéma permet de le voir, les ailes caudales peuvent pivoter suivant deux axes. Lorsqu'elles pivotent suivant l'axe antéro-postérieur (tête-queue), elles modifient l'inclinaison (penché à droite ou pencher à gauche) de l'animal, tandis que lorsqu'elles pivotent suivant l'axe dorso-ventral, elle modifient alors sa direction horizontale (tourner à droite ou à gauche). les ailes supérieur quant à elles sont principalement utilisées pour faire varier l'assiette (vers le haut ou vers le bas) de l'animal, en pivotant suivant son axe gauche-droite.

2 : Diverses théories plus farfelues les unes que les autres donnent à la queue des rôles parfois extravagants. La queue pourrait par exemple servir de membre préhenseur pour agripper des proies ou pour se suspendre à des branches. Voyez-vous ça...

3 : Pour les novices en anatomie, il s'agit de la deuxième articulation de l'aile en partant de l'épaule.
 
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 Sujet du message : Re: Faune endémique de Resdayn
Message Publié : 04 Jan 2016, 03:26 
Gaharikhan
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~ Le Dreugh ~


  • Biologie

Eu égard aux nombreuses légendes et autres folklores1 qui gravitent autours du dreugh, il semble essentiel de souffler un vent de clarté sur sa nature. Le dreugh est indubitablement un crustacé décapode, un des nombreux sous-embranchements des Arthropodes. Il présente en effet les caractéristiques typiques des crustacés : exocuticule de chitine calcique, corps segmenté et paires d'appendices articulés, au nombre de cinq très exactement, d'où son rangement dans l'ordre des Décapodes. Ensuite, il nous semble important de préciser en quoi le dreugh présenté ci-après est endémique de Resdayn. Les différentes études menées sur les aires de répartitions du dreugh au cours du temps (notamment grâce aux relevés fossiles) permettent de penser que le dreugh commun "dérivé" a vu son origine dans la baie d'Illiaque et dans l'Archipel des Îles Ascadiennes. Et les individus de ses deux environnements présentent aujourd'hui suffisamment de différences anatomique pour les séparer clairement.

Vous allez le voir, l'anatomie du dreugh n'est pas aussi compliquée que ne le prétendent les jeunes étudiants de l'académie de Longsanglot. En partant des caractéristiques des Arthropodes, on constate bien que le corps de l'animal présente trois segments principaux : la tête (céphalon), le thorax (péréion) et l'abdomen (pléon). On pourrait certes noter que la présence d'un segment céphalique articulé est assez inhabituel au sein du groupe des crustacés qui présentent pour la grande majorité un céphalothorax consolidé. Hormis cette bizarrerie, rien de compliqué dans l’agencement des segments. En partant maintenant des caractéristiques des Décapodes, on compte chez tous les individus un nombre constant de cinq paires de membres que nous allons détailler de suite.

On commencera arbitrairement par traiter des trois paires d'appendices locomoteurs portés par l'abdomen, les six pléopodes (1), ou tentacules, dans le langage commun. Ce sont, comme leur nom l'indique, les seuls et uniques organes qui permettent au dreugh de se déplacer et, à l'instar des poulpes, ils lui offrent une importante vélocité marine. Elles présentent en outre une série de ventouses vascularisées qui permettent à l'animal de se fixer sur n'importe quelle surface.

Le segment thoracique supporte quant à lui le reste des appendices, qui sont dits préhenso-masticateurs. Deux appendices inférieurs appelés péréiopodes (4), ou pattes thoraciques sont de véritables petits outils préhenseurs pour le dreugh. Il s'en sert essentiellement pour saisir de la nourriture et la porter à sa bouche. Quelques rares observations ont mises au jours des utilisations plus élaborées de ces membres, telle que la manipulation des œufs ou le découpage de proie volumineuse. La paire d'appendices supérieurs du péréion présente une étonnante dissymétrie droite-gauche. Les deux appendices sont toutes deux des pinces mais là où la pince de gauche présente des dimensions normales, la pince de droite est grandement déformée, allongée, aplanie et épaissie. Un tel dimorphisme a très probablement pu générer une partie du folklore thérianthropique2 or il s'explique le plus simplement du monde par des phénomènes d'adaptation du dreugh aux diverses contraintes environnementales et intraspécifiques, qu'on détaillera dans la partie sur le mode de vie.

La pince supérieure gauche, appelée chélipède (3), constitue l'exclusif organe d'attaque de l'animal. Elle est composée d'un pollex, prolongement de la dernière articulation de l'appendice3, long, fin et tranchant, et d'un dactyle articulé. Le dreugh utilise ce membre essentiellement pour la chasse, et notamment pour perforer profondément le derme de ses proies. C'est évidemment la pince supérieure droite, le clipéopède (2), qui attire les regards éberlués des explorateurs et biologistes en herbes. Ici le pollex et la dernière articulation (propode) ont fusionnés pour former une épaisse plaque de chitine renforcée aux apparences de bouclier. Le dactyle présente lui aussi des dimensions plus importante mais les observations montrent qu'il n'est quasiment plus utilisé, le clipéopède ayant semble-t-il perdu l'usage de pince au profit d'un usage plus défensif et parfois offensif (notamment pendant les période de reproduction où les mâles se battent en duels).

Vous l'aurez retenu, le dreugh étant un arthropode, il présente donc aussi les attributs reproductifs inhérents à ce groupe. Avant de conclure sur sa biologie, il nous faut donc inévitablement aborder son mode de reproduction, et notamment ses différents cycles de vie. Les connaissances sur ces cycles sont encore à l'état d'hypothèse, et cela s'explique par le fait que son cycle d'existence le plus aisément observable, le cycle terrestre, correspond à la période de sa vie où il est le plus agressif. Cependant, les biologistes s'accordent sur un cycle global simplifié dont voici le détail.

La larve du dreugh, aussi appelée Nauplius, est libérée dans le milieu marin ou lacustre après éclosion de l'œuf. Cette larve présente l'ensemble des organes du dreugh mais sous une forme primitive. Ces organes vont pouvoir se développer en forme lors des différentes mues de métamorphose, puis grandir en taille lors des multiples mues de croissance. Le dreugh, de son état larvaire à son état adulte, vit la majeure partie de sa vie sous sa forme aquatique.

Cependant ce cycle marin simple est complètement bouleversé par un cycle terrestre bref et intense, au beau milieu de la vie de l'individu. Il va en effet subir une nouvelle série mues de métamorphose très rapides et rapprochées au cours desquelles les appendices locomoteurs (pléopodes) marins vont être remplacés par des appendices de locomotion terrestres4. Lors de ses mues, le dreugh se rapprochent progressivement du rivage et une fois les membres terrestres achevés, il sort des eaux pour arpenter frénétiquement le milieu terrestre.

Ce cycle particulier est appelé Karvinasim et dure environ une année. Les minutieuses observations du biologiste Fronto Maecilius ont révélées que l'objectif du dreugh terrestre durant ce cycle était toujours le même : s'enfoncer loin dans les terres et s'éloigner le plus possible du rivage, à la recherche d'un autre point d'eau. Une fois trouvé, le dreugh va rôder patiemment autour de la nouvelle étendue d'eau jusqu'à ce que de nouvelles mues de métamorphose ne s'opèrent dans les dernières mois du Karvinasim. Une fois l'année écoulée et le retour à la forme aquatique entièrement achevée, l'animal se jette dans l'eau et dévore sa dernière mue pour retrouver des forces5. Il s'agit là d'un mécanisme de conquête de territoire assez efficace semble-t-il puisque le dreugh colonise ainsi les milieux aquatiques côtiers autant que continentaux.

Une fois son troisième cycle entamé, le dreugh, de nouveau aquatique, peut enfin se reproduire. Les femelles sécrètent des amas gélatineux qui contiennent des centaines d’œufs et qui attendrons des températures propices pour éclore. Ainsi se boucle les différents cycles de vie de ce crustacé particulier.


  • Mode de vie


Là encore, difficile de publier plus qu'une note sur le mode de vie du dreugh tant les connaissances sont partielles. D'ailleurs, prenez garde aux ouvrages conséquents qui prétendent traiter en profondeur du dreugh et de ses pratiques car le potentiel véridique de ses derniers va rarement plus loin que la douce rêverie ou le roman scientifique.

On dit généralement que le dreugh marin est un animal paisible et plutôt pacifique. Il est vrai que les récits d'attaques de dreughs sont très rares dans les histoires de marins pêcheurs. Cependant, on a relevé suffisamment de cas de filets de pêche et de cages à palourdes saccagés par des dreughs dans les Îles Ascadiennes pour ne plus les classer au rang des exceptions. Le dreugh marin est au sommet de la chaîne alimentaire marine de la région d'Ascade, et en tant que tel il est normal qu'il adopte un comportement agressif face à toutes les invasions de son milieu. Et cela est d'autant plus vrai si ces invasions interviennent pendant sa période de reproduction ou, pire encore, dans son milieu de ponte.

Notez cependant qu'il est un omnivore qui se nourrit très rarement d'animaux plus gros que lui. Algues, diverses bivalves, vasards ou poissons de taille moyenne, voici l'essentiel de son régime alimentaire.

Il est une période où les dreughs marins mâles présentent un regain notable d'agressivité, lorsque les femelles sont en ovulation, prêtent à être fécondées. Les mâles en rut se battent en duel, faisant s'entrechoquer leur clipéopède, parfois jusqu'à ce que l'un des deux appendices se brise, ceci pour imposer leur supériorité et pouvoir ainsi s'accoupler avec la femelle de leur choix. Ces duels sont très violents et difficiles à observer et l'on ne saurait que vous déconseiller d'essayer d'en observer tant cela serait synonyme d'une chute soudaine de votre espérance de vie.

En parlant d'agressivité, il faut bien sûr reparler de la forme terrestre du dreugh, dont le comportement n'a rien à voir avec son homologue marine. Un dreugh terrestre est un animal très dangereux et la prudence est évidemment de mise. Ayez bien à l'esprit que durant cette phase de sa vie, le dreugh est traversé par un puissant flux de substance énergétique qui vise à le rendre résistant à cet environnement hostile qu'est la terre ferme et, qu'en outre, il aura besoin d'ingérer beaucoup de matière organique pour pouvoir amorcer ses mues de fin de cycle. En somme, le dreugh terrestre est une créature qui bouillonne d'une agressive énergie et qui est affamée.

Si vous escomptez observer des dreughs, ne partez jamais sans être accompagné d'une escorte expérimentée. Les rédorans chasseurs de chitine de la Faille de L'Ouest sont parmi les plus adroits dans la chasse du dreugh, dont ils dépècent l'exocuticule et en font des splendides armures à la fois résistantes et flexibles, très appréciées des agents de la Morag Tong.

___________________
1 : La légende populaire implante dans les esprits naïfs que les dreughs soit un ancien peuple de mers dont l'océan était le royaume, dans un autre paradigme temporel... Certains illuminés leur prêtent un passé glorieux et civilisés et des ascendances avec Molag Bal... Faites-en ce que vous voulez.

2 : Dans la littérature hautement vulgarisée, voir complètement faussée, on les trouve souvent représentés comme des humanoïdes mi-homme, mi poulpe, armés d'un bouclier et d'une lance. Leur céphalon est même régulièrement remplacé par une tête aux traits parfaitement humains. Fantaisies et sottises qui n'ont pas lieu d'être commentées plus avant.

3 : Les appendices articulés des crustacés se divisent en quatre articulations, en partant du thorax vers l’extrémité, on trouve le coxa, le mérus, le carpe et le propode. Le pollex est ici un prolongement chitineux du propode et n'est donc pas articulé, à l'inverse du dactyle.

4 : Durant le cycle terrestre, le dreugh présente d'ailleurs une particularité anatomique véritablement unique en son genre puisque l'une des paires de pléopodes est dites "dormante" laissant au dreugh seulement deux paires de pattes pour se déplacer. Nul n'est à même de dire s'il s'agit là d'une adaptation à une marche facilitée ou à une anomalie ontogénétique.

5 : La dernière mue contient une importante quantité de substances énergétiques résiduelles diverses et variées dont on pense que l'ingestion systématique permet au dreugh d'obtenir l'énergie nécessaire à la reproduction, qui est se fait apparemment tout juste après le Karvinasim.
 
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